Dans le triangle d’or

On part de Nong Khiaw direction les montagnes du nord ouest avec comme première étape la ville de Odomxai. Sur le papier c’est tout proche, 120 kms, en réalité c’est une toute autre affaire. Déjà pas de bus direct nous devons changer dans une mini-ville ou bien sur il y a un bus qui part seulement toutes les 3 heures. On attendra donc 2h00 dans la gare routière en regardant un match de boxe.IMGP0203 (Copier) IMGP0331 (Copier) IMG-20150613-WA0001Ensuite le bus se rempli doucement mais surement, les sacs de riz, sacs à dos sont chargés sur le toit et des tabourets sont ajoutés dans le bus (optimisation de la place, Romain héritera d’un beau tabouret en bois). Bien calés, un peu comme des sardines dans une boite et après la distribution de sacs plastiques (ce qui n’augure rien de bon) le voyage peu commencer.IMGP0330 (Copier)A peine 5 kilomètres de parcourus et premier vomi d’une vieille dame dans le sac plastique, 10kms plus loin c’est au tour de la voisine…Et durant 3heures les vomis se sont succédés à un rythme effréné, vomi et hop on jette le sac par la fenêtre et on recommence ! Les femmes sont particulièrement sensibles, pour leur décharge les routes sont en très mauvais état et les virages se succèdent. On est bien contents que toutes les fenêtres soient ouvertes et d’avoir nos écouteurs, la musique à fond nous permet de ne pas avoir le bruitage, la vue et l’odeur c’est déjà pas mal !IMGP0336 (Copier) IMGP0332 (Copier)5heures plus tard nous voilà soulagés d’arriver à Odomxai, il est déjà 18h00, nous trouvons un guesthouse pour la nuit. La frontière se rapproche et dans cette ville 25% de la population est chinoise, dans les rues le dialecte du Yunnan est bien présent. Nous trouvons un super restaurant chinois (d’ailleurs rempli de chinois), Marion mangera une soupe de riz excellente et Romain du poulet au basilic et riz avec beaucoup de piments. Sur les tables on trouve pleins de condiments différents ainsi que des bocaux remplis de piments verts et rouges, au cas où la cuisine ne soit pas assez relevée !IMG-20150613-WA0002 Le lendemain rebelote on reprend le bus pour Luang Namtha, on essaie de la jouer tactique et de ne pas s’assoir à côté des femmes mais malheureusement ce n’est pas possible car les laotiens sont toujours 2 heures en avance dans les bus donc il nous reste les dernières places…Après le rituel sacs plastiques on attaque les 80 kilomètres de route (enfin c’est plutôt du chemin). Romain n’a pas de chance il se retrouve entourés de vomitos, à droite à gauche et derrière lui c‘est l’hécatombe, baptême du vomi ça c’est fait ! Marion regardera la scène amusée (mais compatissante !!) du fond du bus (elle son baptême c’est fait à Madagascar). La route monte très fort et le bus est presque à l’arrêt (pour être franc en courant ça doit être kif-kif), il y a des travaux partout et on se retrouve souvent arrêtés pendant 30 ou 45 minutes au milieu de rien à attendre que le bout de ficelle qui barre la route soit enlevé. Le paysage est impressionnant, c’est montagneux et entièrement boisé avec quelques maisons sur pilotis de temps en temps. Après ce qui nous a semblé une éternité (4heures, soit une moyenne de 20kilomètres heure) nous voilà à Luang Namtha dans une guesthouse avec café et thé à volonté (un thé vert de chine super bon), ça fait du bien de se poser car les voyages nous ont épuisé. Le soir on profite d’une bière au marché de nuit qui est très animé.IMGP0211 (Copier) IMGP0207 (Copier) IMGP0206 (Copier) Le centre-ville n’a pas d’intérêt particulier hormis le fait qu’il y a de nombreuses agences qui organisent des trecks dans les villages des minorités ethniques, nous partons donc nous renseigner sur les itinéraires.

Après avoir fait le tour de quelques agences d’écotourisme nous sommes de moins en moins emballés à l’idée de faire un treck. Bon déjà le mot écotourisme c’est le truc qui ne veut rien dire, soit disant de l’argent est reversé au village (genre 5% du prix) pour la nourriture et l’hébergement et les agences s’engagent à constituer des petits groupes pour les visites (nous n’avons pas trouvé de rapport avec le mot éco…). Ensuite le programme est toujours le même, arrivée dans le village, bonjour aux enfants, les gens seront très contents de vous voir il ne voit pas souvent des touristes (mon œil oui presque tous les jours !), vous boirez du lao-lao avec le chef du village et vous mangerez avec eux… Certaines photos montrent des touristes la tête toute peinturlurée façon Akha, mouais… Le côté rando nous tentais bien (c’est souvent des marches de 4, 5heures dans des paysages de ouf), mais le côté vraiment superficiel du rapport aux gens ne nous plait pas du tout. Nous avions rencontré pas mal de monde nous disant le plus grand bien de ces treks avec nuit chez l’habitant, tout le monde à l’impression de vivre quelque chose d’unique en repartant avec des photos de femmes en tenues traditionnelles mais en fait les villages répète la même scène tous les jours…

Nous sommes peut-être un peu durs dans nos propos mais pour résumer ces trecks ne rentrent pas dans notre conception du voyage, on cherche (enfin on essai) du vrai et du simple dans le rapport aux gens, pas du préfabriqué ou de l’artificiel mais de l’instantané.

Nous décidons donc de pousser jusqu’à Muang Sing à 60 kilomètres de là, coup de chance pas un vomi dans le bus, on arrive à 12h00, heure prévue. A la limite du Myanmar et à portée de main des vertes collines de la Chine, Muang Sing se trouve au cœur du triangle d’or, sur l’ancienne route de l’opium. C’est une ville rurale toute moche et poussiéreuse mais avec un marché journalier fréquenté par les habitants en habits traditionnels. Les gens sont plutôt typés chinois et tout est écrit en chinois et en lao. Niveau touristes c’est le néant, dans notre hôtel miteux nous sommes les troisièmes pensionnaires depuis le début de l’année et à la gargote office du tourisme personne n’a loué de vélo depuis 3mois. Nous trouvons un petit stand qui sert une soupe de nouilles correcte, ça sera notre QG.IMGP0260 (Copier) IMGP0231 (Copier) IMGP0230 (Copier) IMGP0270 (Copier)Après une nuit écourtée par le chant des coqs à partir de 4 heures du mat’ et ensuite toutes les 10 minutes (qu’est ce que c’est débile ces bêtes) et les infos du parti communiste diffusées sur hauts parleurs nous partons pour le marché. C’est vrai qu’à 7heures du matin au milieu de toutes les étales on se sent vraiment à l’autre bout du monde. Nous rencontrons des femmes Tai Lue, avec de jolies coiffes de couleur (on leur achètera un petit bracelet et une paire de boucle d’oreille). Une seule dame à bien voulu que nous la prenions en photo, pour les autres impossible (car le photographe est associé à un voleur d’âmes), il faudra se contenter des dessins. Une photo collector (volée) de femmes Akha (avec la coiffe) et une veste Adidas (on mix les styles !). IMGP0323 (Copier)IMGP0317 (Copier) IMGP0313 (Copier) IMGP0236 (Copier) IMGP0239 (Copier) IMGP0248 (Copier) IMGP0250 (Copier) IMGP0258 (Copier) IMGP0257 (Copier) IMGP0256 (Copier) IMGP0255 (Copier) IMGP0254 (Copier) IMGP0251 (Copier) IMG-20150617-WA0008Dans la rue nous croisons une femme Akha, avec une coiffure impressionnante constituée de bijoux et de perles et de nombreuses mamies avec une coiffe de couleur. Ces vieilles dames portent leur sac sur la tête et sont très insistantes pour nous vendre colliers, ceintures ou opium (d’ailleurs pour info l’opium ressemble à du tabac à rouler). Nous les surnommons donc mamie opium.

A 8h00 nous louons des vélos et partons voir les environs. Grâce à MapMe, une application gratuite qui permet de se géo-référencer hors connexion nous savons où nous sommes (ouééé). Nous avons une vue à 360 degrés sur les montagnes, devant nous la Chine et à gauche le Myanmar. Le ciel se couvre mais le paysage reste chouette. IMGP0297 (Copier) IMGP0299 (Copier) IMGP0305 (Copier) IMGP0304 (Copier) IMGP0303 (Copier) IMGP0266 (Copier) IMGP0267 (Copier) IMGP0272 (Copier) IMGP0273 (Copier)Après une quinzaine de kilomètres nous quittons la route pour un chemin de terre qui nous emmène à un village Akha, il se met à pleuvoir des cordes et nous trouvons donc refuge sous l’avant-toit d’une dame qui nous fait un grand sourire et signe de venir nous abriter. Elle doit avoir une soixantaine d’année et porte la coiffe traditionnelle, brodée et parée de pièces et de perles et porte un bébé dans les bras. Le petit ne doit pas être très habitué à voir des européens, il pleure dès que nous nous approchons. Nous restons donc une bonne demi-heure en compagnie de cette dame, à essayer de communiquer en language des signes (car elle ne parle pas lao mais un dialecte) et à amadouer le petit (nous y arrivons avec brio). Quand la pluie s’arrête nous repartons, heureux et contents de cette rencontre inattendue ! IMGP0345 (Copier)Le village est constitué d’une série de maisons sur pilotis, l’ail sèche, les vêtements sont entassés, les cochons sont partout et la fontaine-douche se trouve au milieu de tout cela. Les enfants nous lancent des grands sabaide et seules les dames de plus de soixante ans portent la tenue traditionnelle (Marion imagine avec quand même un peu de regrets les magnifiques photos que cela pourrait faire). Après un tour de village nous sortons en passant sous la porte des esprits, composée de gri-gri en bois elle protège le village.IMGP0278 (Copier) IMGP0290 (Copier) IMGP0289 (Copier) IMGP0288 (Copier) IMGP0283 (Copier) IMGP0281 (Copier) IMGP0280 (Copier) IMGP0279 (Copier) IMGP0277 (Copier) IMGP0275 (Copier) IMGP0292 (Copier) IMGP0293 (Copier)Nous roulons ensuite vers la frontière chinoise. A notre grand étonnement nous traversons des plantations de bananiers, où les gens mettent en paquet. Sur le bord de la route des hangars à moitié abandonnés et des serres nous paraissent un peu suspectes, de nombreux camions nous doublent, chargés à ras-bord on se demande si toute leur marchandise est entièrement légale… A 2kms de la frontière chinoise nous nous arrêtons, nos vélos sans vitesses ne nous permettent pas de monter les lacets, nous regardons une dernière fois les montagnes du Yunnan juste sous nos yeux avant de prendre le chemin du retour.

Nous sommes contents de notre passage par Muang Sing, certes la ville est très moche (comme beaucoup de villes frontières) mais elle nous a donné un mini-goût de Chine. Nous avons pu voir que l’opium est encore bien présent ici grâce aux mamies mais surtout nous avons eu un aperçu de la vie de quelques minorités ethniques du Laos à travers des moments tout simples (au détour d’une rue, sous une pluie battante ou encore au marché), c’était pile-poil ce que nous recherchions !

 

 

11 thoughts on “Dans le triangle d’or

  1. Voyage rude mais paysages et rencontres authentiques!! J’aurais voulu voir la tête de romain entouré de voyageurs vomito 😉
    Que c’est beau en tout cas le Laos!
    Vivement qu’on vous retrouve en indonésie !

    1. Ha oui mythique le voyage en bus! Mais c’était juste le top. Ultra authentique comme on l’aime. Et oui l’Indonésie ça va etre une tuerie!

  2. Rien que de lire le récit du voyage en bus , j’ai les bonnes odeurs qui m’arrivent au nez .
    Je crois que cela aurait été très difficile pour moi .J’espère qu’en Birmanie , les estomacs des autochtones seront plus résistants , sinon je serai obligée de débarquer c’est sûr .
    Ce Nord du Laos est vraiment très particuliers et bien pauvre , mais malgré cela beaucoup de charme s’en dégage .
    La suite au Vietnam donc ….

    A tout bientôt de là bas!
    Plein de bisous en attendant les prochaines photos et croquis avec commentaires .GÉNIAL .

    1. Les écouteurs et la musique très forte, un bon remède anti-vomissement 🙂 j’espère aussi que les birmans seront plus costaud du ventre. A voir…

  3. Vs avez raison et faites mon admiration pour preferer la surprise et donc l authenticité des rencontres au « surfait »des trecks dits écotourisme ahah bravo. Et vos découvertes vous le rendent bien1!bisous mes nouveaux explorateurs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *