Des vaches dans la forteresse

Il faut faire un effort pour atteindre Jaisalmer, perdue au fin fond du désert du Thar à une centaine de kilomètres de la frontière pakistanaise. Nous arrivons à minuit, après un long voyage en train venteux, poussiéreux et sableux. Le lendemain nous découvrons une belle forteresse ocre jaune, avec de nombreux bastions reliés par un long rempart qui épouse la roche. L’ensemble émerge de la plaine désertique : on dirait un château de sable sorti de l’imagination d’un enfant. IMGP4597 (Copier) IMGP4598 (Copier) IMGP4599 (Copier)IMGP4376 (Copier)De la haut la vue sur la ville de Jaisalmer est très belle, toutes les maisons on la même teinte que le sable, des toits plats et à perte de vue le désert, cela donne un petit air de ville de Moyen-Orient.Panorama sans titre2 (Copier)On commence bien entendu à se balader dans la forteresse, les vaches sont partout, en train de dormir, passant la tête par la fenêtre, en position de prière pour piquer la nourriture des petits temples, elles sont zens et chouchoutées par tout le monde. IMGP4382 (Copier) IMGP4279 (Copier) IMGP4260 (Copier) IMGP4259 (Copier) IMGP4237 (Copier)IMGP4387 (Copier) IMGP4263 (Copier)En se perdant dans les ruelles étroites du fort on découvre de belles façades aux fenêtres et aux balcons finement sculptés, bien souvent le recul nous manque pour réussir à tout admirer. La pierre à une superbe couleur, l’ambiance sympa mais quelque peu gâchée par les vendeurs de tout et de rien qui baraguignent tous 3 mots de français et qui essayent de nous vendre un truc à chaque fois que l’on passe devant eux.IMGP4365 (Copier) IMGP4370 (Copier) IMGP4373 (Copier) IMGP4398 (Copier) IMGP4396 (Copier)IMGP4294 (Copier) IMGP4388 (Copier)IMGP4410 (Copier)IMGP4252 (Copier)IMGP4300 (Copier) IMGP4467 (Copier) IMGP4582 (Copier) IMGP4508 (Copier) IMGP4607 (Copier) Cette atmosphère touristique se ressent aussi énormément dans les restaurants, ici les thalis sont hors de prix et les restos italiens et européens se succèdent, dur de trouver une adresse sympa où manger. Nous profiterons donc de cette ambiance internationale pour goûter de bons gâteaux bien bourratifs dans une boulangerie allemande, tarte banane-chocolat et gâteau aux noix et cacahouètes. Pas très local mais bien bon !IMGP4369 (Copier)Après avoir pas mal cherché nous montons finalement à l’étage d’une maison (une mini pancarte indique qu’il y a un resto), une petite mamie toute pliée en deux nous ouvre, elle nous invite à rentrer dans sa maison et propose de nous faire un thali (à prix normal, ouééé). Elle est extrêmement lente pour se déplacer, Marion propose donc de l’aider, c’est partie pour une séance de découpage de pommes de terre et de choux, de roulage et cuisson des chapatis…Un cours de cuisine en live avec quelques mots d’anglais, notre lexique hindi à la main et surtout beaucoup de gestes, la magie de la communication opère on arrive un peu près à se comprendre. 1h30 plus tard nous voilà attablés devant notre thali. Son petit fils arrive peut après, très sympa il nous offrira le dessert et nous donne son numéro pour qu’on le retrouve à Jaipur. Un moment bien sympa !IMGP4302 (Copier) IMGP4303 (Copier) IMGP4326 (Copier) IMGP4345 (Copier) IMGP4360 (Copier)On découvre ensuite l’architecture des temples Jaïns (une des nombreuses religions indiennes), les sculptures sont magnifiques et les dessins si fins que l’on dirait de la dentelle sur pierre.IMGP4577 (Copier) IMGP4556 (Copier) IMGP4521 (Copier)IMGP4542 (Copier) Le lendemain on se balade dans la ville basse pour découvrir les havelis (maisons vieilles de plusieurs siècles et construites par de riches marchands). La finesse des balcons et des façades est incroyable, les sculpteurs on fait un sacré boulot. IMGP4421 (Copier) IMGP4414 (Copier) IMGP4419 (Copier) IMGP4429 (Copier) IMGP4430 (Copier) IMGP4463 (Copier) IMGP4432 (Copier)Au passage on fait une belle découverte culinaire dans un petit resto, au menu kofta (boulette fourrée aux légumes), curry d’aubergines et chapati.IMGP4596 (Copier)On déambule ensuite dans les rues, toujours bien occupées par les vaches jusqu’à une petite colline qui nous offre une belle vue sur la forteresse, petite pause contemplation puis on fini la journée tranquillement autour du lac.Panorama sans titre1 (Copier) IMGP4489 (Copier) IMGP4492 (Copier) IMGP4604 (Copier) IMGP4605 (Copier) IMGP4603 (Copier) IMGP4516 (Copier) Jaisalmer c’était beau on ne peut pas dire le contraire mais nous n’avons pas eu de coup de cœur comme à Jodhpur, son charme pâtit d’une ambiance trop touristique à notre goût, trop de vendeurs, de rabatteurs et une grosse flambée des prix.

Notre remontée vers Dehli continue avec comme prochain stop Bikaner, une ville un peu oubliée du circuit classique Rajastan. Pour y aller on prend un bus qui nous semble interminable (8h00) à travers un paysage désertique et pas folichon. La ville est sympa, c’est une alternance entre des petites ruelles toutes tranquilles abritant de belles maisons et de grands boulevards commerçants brouillant de monde. IMGP4399 (Copier) IMGP4403 (Copier) IMGP4690 (Copier)On visite le fort qui une fois encore est très beau (Romain est le plus heureux des hommes car il à un audio-guide), les motifs et moucharabiehs sont nombreux, tous plus compliqués et kitsch les uns que les autres. IMGP4750 (Copier) IMGP4725 (Copier) IMGP4734 (Copier) IMGP4744 (Copier) IMGP4726 (Copier) IMGP4731 (Copier) IMGP4736 (Copier) IMGP4745 (Copier) IMGP4746 (Copier) IMGP4760 (Copier) IMGP4756 (Copier) IMGP4722 (Copier)Après ce petit moment culturel nos estomacs sont bien vides, on trouve l’adresse d’une assoc’ où il est possible de manger et une petite demi-heure plus tard nous voilà discutant avec Natacha autour de bons petits plats. Cette française est une voyageuse avertie, après avoir monté plus d’une dizaine d’assoc dans tous les coins du monde elle a posé sa valise a Bikaner. Elle a adopté 10 enfants (qui sont répartis chez différentes familles indiennes) et œuvre pour l’artisanat, l’éducation et la santé et aide les familles les plus démunies. On passera un grand moment à papoter avec elle de l’Inde, de son expérience…Elle nous mitonnera un curry de goyave incroyablement bon et nous fera gouter de l’aloé vera et même une tranche de son gouda fait maison. Une belle rencontre, un peu comme à la maison avec cette mère Thérésa de Bikaner.IMGP4773 (Copier) IMGP4772 (Copier) IMGP4717 (Copier) IMGP4720 (Copier)Le lendemain on prend le bus pour aller à Deshnoke, un petit village à 30 kilomètres de là qui abrite le temple des rats…L’histoire veut qu’une déesse aurait réincarnée tous les conteurs et poètes de la région en rongeurs. Comme son nom l’indique c’est plein de rats, il y en a partout partout c’est l’horreur, certains boivent du lait dans de grosses gamelles, d’autres font une sieste, les visiteurs leur offre noix de coco et petits gâteaux, certains prient même devant eux. Marion restera toute la visite figée au milieu du temple à surveiller qu’un rat ne lui grimpe pas sur les pieds, Romain plus détendu visitera un peu mieux les lieux. Au milieu de ces centaines de rongeurs nous apercevons un rat banc, selon la croyance nous auront donc de la chance toute notre vie, on est sauvés !IMGP4618 (Copier) IMGP4619 (Copier) IMGP4630 (Copier) IMGP4637 (Copier) IMGP4640 (Copier)La parenthèse animalière passée nous retournons à notre guesthouse (d’ailleurs la moins chère jusqu’à présent avec une nuit à 4 euros pour deux). Le patron nous invite chez son oncle qui tient un hôtel près du fort, nous acceptons et nous voilà dans un magnifique hôtel historique, avec piscine, jardin et déco soignée.IMGP4694 (Copier) IMGP4705 (Copier) Son oncle est en fait le petit fils de l’ancien premier ministre du maharaja de Bikaner, c’est un Rajpoute (un clan de guerriers aristocrates qui ont dominés longtemps le Rajastan). Il nous propose gentiment de boire un verre avec lui, gin tonic pour Marion et whisky pour Romain, et oui on ne se refuse rien ! C’est un mec intéressant, plein d’argent et qui s’ennuie un peu à Bikaner, il aime parler avec nous de sa passion pour la déco et les objets anciens et nous fait écouter de la musique indienne dans son bar perso à la déco soignée et chargée d’objets chinés. Son anglais et parfait et sans accent incompréhensible ce qui nous permet de lui poser de nombreuses questions sur son pays, la place des femmes, des traditions…On nous sert des amuses bouches délicieux (fromage genre feta assaisonné au citron, basilic et poivre) on boit dans des verres en cristal, on goute le vin rouge d’ici, on est bien loin de l’Inde que l’on voit tous les jours dans la rue ! On ne voit pas les heures passées et finalement il nous propose également de manger, on nous sert des plats succulents et très fins dans un service tout en argent, c’est un délice on se croirait presque pour des maharajas.IMGP4706 (Copier) IMGP4709 (Copier) IMGP4711 (Copier) IMGP4712 (Copier) A minuit nous finissons par repartir et sortir de ce beau palais pour retrouver notre petite chambre. Une parenthèse inédite qui nous à été offerte par Tcha, c’est incroyable comme une journée de voyage peut réserver de belles surprises !

8 thoughts on “Des vaches dans la forteresse

  1. Bien dite donc un 4 étoiles le soir et un palais c’est quand mème une sacrée expérience.Ainsi que Marion préparant le repas avec la vieille femme.Jolie rencontre avec Natacha .Les rats un peu moins ,et les vaches envahissantes mais c’est quand méme étonnant ….Jolie ta chemise rouge Romain ,et merci pour les dessins Marion.Bisous à vous 2,et à Marionnette qui doit s’éclater .

  2. Et bien
    En deux jours devoir affronter :une colonie de rats, des vaches curieuses, une mamie qui met gentiment les gens à contribution, un repas gastronomique dans un cadre rutilant, une mère  » Thérésa  » et des vendeurs de rues envahissants …
    C’est quand même complètement délirant et totalement surréaliste …et pourtant !!!!
    Le carnet de croquis se rempli et tout est super .

    Merci encore et toujours pour ces émotions

    Bisous à vous trois puisque maintenant Marion est bien là.

    A tout bientôt

  3. L’Inde et son grand écart… De la pauvreté à la richesse au coin de la rue… De l’épluchage de patates assis par terre au service aux chandelles dans une cuillère d’argent… Bravo pour l’adaptation permanente et cette capacité à provoquer les rencontres, qui vous ouvrent tous ces moments magiques et vous dévoilent toutes les facettes du pays que vous visitez. Je suis totalement fan de la photo des rats autour de l’étang laiteux :)

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