Tatoo Chin

Après une première journée de route et une halte à Pakokku pour la nuit (petit ville où il n’y strictement rien à faire) nous enchainons avec 7 heures de bus jusqu’à Mindat, ville capitale de l’état Chin dans les montagnes, une toute petite partie de la province est ouverte aux touristes depuis une année seulement. La route tourne beaucoup, est inexistante par endroit, inondée ou effondrée mais nous arrivons à bon port sous la pluie et le froid (oui le froid !!! soit 16°C pour nous) . Le bus nous pose devant une petite guesthouse (il n’y en a que trois), dès la porte d’entrée le décor est posé, nous entrons chez des catholiques, l’intérieur continue sur le même thème, une grande croix, la lumière du saint esprit et Jésus, Joseph et Marie un peu partout. Amen ! IMGP2076 (Copier) IMGP1770 (Copier) IMGP1772 (Copier)Les étagères sont remplies de livres de théologie, histoire des saints, missionnaires en Asie… Nous sommes en fait chez la sœur d’un prêtre qui à fait son séminaire en France, très jovial et volubile il nous apprendra beaucoup de choses sur la région et tout ça dans la langue de Molière. L’état Chin est en majorité catholiques avec quelques églises anglicanes et baptistes, Père Jean (son prénom birman est imprononçable) nous fera tout un cours sur les bienfaits des missionnaires catholiques dans ces régions reculées, sur le respect de l’église par rapport aux traditions Chin…Nous écoutons avec attention et politesse mais restons dubitatifs connaissant l’ouverture d’esprit légendaire de l’église… Donc après une soirée à discuter de son expérience en France, de la religion, de la différence entre baptistes et anglicans et de la culture Chin nous avons décidé notre programme de demain : tenter de trouver un petit village perdu dans la forêt à environ une deux heures de la ville et comme nous sommes chanceux c’est jour de messe !

Après une nuit bien fraîche, un bol de riz matinal et un verre de thé nous partons direction la forêt (nous avons quand même retenu le nom du village lah cho mais notre accent ne doit pas être au top car peu de personnes nous comprennent…). Ici nos bases de birmans ne nous servent plus à rien, tout le monde parle un dialecte. Le temps n’est pas au top, brouillard et pluie fine, nous descendons les sentiers un peu au pif essayant de demander notre chemin lorsque l’on croise quelqu’un (ce qui est rare).IMGP1775 (Copier) IMGP1783 (Copier) Au milieu de ce paysage bien blanc nous entendons soudain des chants, cool nous ne sommes pas loin de l’église. Guidés par les voix nous arrivons finalement à une petite construction où sont rassemblés les fidèles, sur le devant un curé en en train de réciter des prières, nous sommes en pleine messe, au milieu de la forêt : improbable comme situation. Nous assisterons donc pendant 1h30 à toute la cérémonie.IMGP1787 (Copier) IMGP1791 (Copier) IMGP1795 (Copier)Après cette petite pause nous nous faisons indiquer le village et une dizaines de minute plus tard nous voilà dans le centre entouré de 3 maisons sur pilotis, avec de grands yeux ronds nous regardant avec curiosité. Cette première phase passée les sourires reviennent et on nous conduit vers une vieille dame en train de trier du tabac. Elle nous reçoit la pipe au bec et le sourire aux lèvres, son visage ridé et tatoué est magnifique et après avoir causé en gesticulant un bon moment nous lui demandons l’autorisation de la prendre en photo. Ses tatouages sont représentatifs de son ethnie, toutes les vieilles femmes en portent, cela leur permettaient de trouver plus facilement un mari. Cette coutume à maintenant été interdite par l’état, les femmes tatouées on donc un certain âge et dans une petite vingtaine d’années il n’y en aura plus…IMGP1800 (Copier)IMGP1856 (Copier) IMGP1847 (Copier)IMGP1812 (Copier) IMGP1814 (Copier) IMGP1834 (Copier)Nous sommes ensuite invités par une dame qui prend Marion par la main et l’emmène chez elle dans une petite maison en bambou sur pilotis. On pose devant nous un grand verre d’alcool de millet fermenté (un alcool pas super bon mais pas très fort) et toute la famille se regroupe autour de nous pour nous montrez des photos et nous faire boire tour à tour. IMGP1850 (Copier) IMGP1854 (Copier) IMGP1855 (Copier) IMGP1862 (Copier) IMGP1867 (Copier) IMGP1873 (Copier) IMGP1885 (Copier) IMGP1888 (Copier) IMGP1892 (Copier)IMGP1896 (Copier)Encore un moment tout simple mais riche en rencontres et en émotions, on se sent privilégiez de vivre ça au beau milieu de l’état Chin. Une grande série d’aurevoir plus tard nous reprenons le chemin du retour, ça grimpe sec et nous arrivons en haut affamés (mais ça c’était avant de manger les portions de riz gargantuesques des bui-bui). En fin d’aprem Romain trouve un mini coiffeur coincé entre deux magasins d’alimentation, très appliquée la jeune coiffeuse passera une bonne heure à peaufiner la coupe. Romain ressort tout beau et au moment de payer elle nous dit que c’est gratuit avec un grand sourire…nous lui laisserons bien sûr quelque chose mais cela nous fait aussi très plaisir de voir la spontanéité des gens que le tourisme n’a pas encore affecté. Cette province est ouverte depuis à peine plus d’un an, les étrangers n’ont encore pas le droit le louer des scooters et la ville de Matupi (la plus proche) n’est encore pas accessible et les guesthouse se comptent sur les doigts d’une main, ici pas de magasins de souvenirs, pas de petits dej’ à l’occidental, pas internet, pas de cartes qui t’expliquent où sont les villages autour. Ce n’est que les prémices du tourisme et cela fait un bien fou!

En parlant avec Père Jean nous apprenons qu’une agence de voyage est sur le coup, elle veut proposer des trecks dans les villages pour voir les femmes tatouées, construire des bungalows sur la montagne d’en face, une route pour faire monter les 4×4, apprendre aux femmes à faire du pain pour proposer des petits dej’ à l’occidental… Cela nous attriste de penser que des groupes entiers débarqueront ici attendant tout le confort européen (et toutes les habitudes européennes), à l’autre bout du monde, pour faire quelques photos à la volée de ses femmes tatouées. Nous ne sommes absolument pas des anti-tourisme mais depuis 9 mois nous avons vu comment des hôtels, des bungalows ou des restos peuvent changer le visage d’un lieu et des personnes. On croise les doigts et on espère que le fruit ne se gâtera pas trop vite, que les choix des agences seront raisonnés et les futurs touristes responsables…

Le lendemain nous passons la journée à nous promener dans le village, nous montons au temple pour avoir une vue d’ensemble, nous essayons de discuter tant bien que mal avec les hommes et les femmes et nous achetons des petits gâteaux qui s’avèrent bien souvent périmés !Panorama sans titre1 (Copier) IMGP1938 (Copier) Panorama sans titre2 (Copier) IMGP1930 (Copier) IMGP1926 (Copier) IMGP1948 (Copier) IMGP1970 (Copier) IMGP1977 (Copier) IMGP1989 (Copier) IMGP2001 (Copier) IMGP2006 (Copier) IMGP1903 (Copier) IMGP1913 (Copier) IMGP1921 (Copier) IMGP1924 (Copier) IMGP1958 (Copier) IMGP1959 (Copier) IMGP1968 (Copier) IMGP1978 (Copier) IMGP1979 (Copier) IMGP1991 (Copier)Les sourires nous suivent tout le long de la route et en fin d’aprem Père Jean nous propose d’aller chez sa tante voir le tissage traditionnel des vêtements, nous acceptons tout de suite. Sa tante a revêtue la tenue traditionnelle, collier en perle, collier à dent de chèvres et tunique brodée. Nous la regardons un moment tisser, il lui faut environ une semaine pour terminer une chemise d’enfant, après une petite photo souvenir nous repartons pour notre dernière nuit à Mindat.IMGP2050 (Copier)IMGP2075 (Copier) Panorama sans titre3 (Copier)La Birmanie c’est fini pour nous après les 28 jours autorisés par le visa. C’est un pays complexe que nous avons adoré. La ferveur de la population envers Bouddha est incroyable, le sourire des gens est omniprésent, la culture riche et les paysages magnifiques. C’est aussi un pays qui à espoir que les choses changent et que le régime militaire laisse place à la Dame. Nous reviendrons pour visiter les provinces qui s’ouvrent petit à petit, avec bien entendu l’état Chin en priorité, le nord et les îles de la pointe Sud et nous suivrons avec beaucoup d’attention son développement et son histoire. Data Birmanie !

One thought on “Tatoo Chin

  1. ça c’est une belle expédition !
    Découvrir ces gens dans  » leur jus » est émouvant et très instructif aussi . La rencontre avec un membre de l’église vous a donc permis de connaître l’histoire de cet état en détails. C’est une belle aubaine non ?????

    La Birmanie semble avoir fait quelques pas vers la démocratie , nous sommes contents pour eux .Reste a espérer que le développement touristique qui s’annonce et dont ils ont aussi besoin , se fera dans la raison .
    Je suis sûrement utopique .

    Mille bisous de nous deux . Et maintenant l’INDE .

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