Un chai à Mumbai

Parler de Mumbai ce n’est pas si facile, par où commencer… La première chose qui choque en arrivant c’est le bruit, les incessants klaxons qui nous on fait sursauter plus d’une fois, le bruit de la circulation, des vendeurs ambulants, les pneus qui crissent, les chiens qui aboient, les gens qui parlent fort, la musique qui passe à la radio. L’atmosphère est complètement saturée de bruits et de pollution, l’air est gris, le ciel est gris, l’air des pots d’échappement est noir…Lorsque l’on sort au petit matin de notre train de nuit où nous avons très peu dormi on se sent tout petit dans ce décor qui va trop vite pour nous, il y a beaucoup trop d’informations d’un coup, trop de mouvements, trop de monde aussi. Trop c’est le mot qui caractérise le mieux Mumbai.

A la base nous avions prévu 2 jours de visite, voyant cette nouvelle facette indienne de 15 millions d’habitants nous décidons de rester 4 jours pour essayer de mieux comprendre et de mieux nous intégrer dans le décor. Cette ville est complexe c’est pour cela qu’il est dur d’en parler sans faire de grandes généralités, on va donc faire de notre mieux. La sortie de l’hôtel est toujours un moment assez déroutant, on sort d’un cocon calme et frais (et oui avec clim’ !) et la ferveur de la rue nous rattrape d’un coup, c’est un peu comme un saut à l’élastique sans élastique, on est dans le bain d’un coup sans période d’adaptation. Passé ce cap on rentre dans le mouvement, c’est en quelque sorte une chorégraphie, on se pousse aux bruits des klaxons, une fois à droite, une fois à gauche et ça passe. Une fois le cerveau adapté au bruit on regarde autour de nous, notre hôtel est à une place centrale dans un quartier très populaire, autour de nous les maisons sont faites de bric et de broc pour les plus belles, pour les autres il faut se contenter d’un carton et d’une bâche tendue, le trottoir c’est leur maison, les femmes cuisinent, les enfants jouent. Oui c’est pauvre, oui c’est sale et oui cela fait un gros pincement à l’estomac, mais les gens nous sourient, personne ne nous demande de l’argent et en aucun cas on se sent en insécurité. Au même moment une Bentley avec chauffeur traverse le carrefour, les deux facettes de l’Inde, nous y voilà.

D’un côté il y a les centres commerciaux flambants neufs avec boutiques de luxe et marques internationales et de l’autre il y a les cireurs de chaussures, les petits cordonniers de rues et les tireurs de charrettes.IMGP3150 (Copier) C’est la première fois depuis 10 mois de voyage que l’on est confronté à autant d’extrêmes. En fin de matinée nous assistons à un étrange défilé celui des dabbawalas, c’est-à-dire des livreurs de repas. Le principe est simple mais sacrément bien rôdé : un livreur passe a domicile dans la matinée chercher le repas que l’épouse à préparé et va l’acheminer jusqu’à l’endroit où travaille son mari, une fois le déjeuner terminé il va ramener la boite vide à l’expéditeur…et le lendemain rebelote. Chaque jour 5000 dabbawalas livrent en 3heures 260 000 repas avec un système de numérotation, le tout est réglé comme une horloge suisse, chaque client connait à 3 minutes près l’horaire de passage du livreur (et aucune influence du trafic, de la mousson, du soleil de plomb…). A 11h30 précise les livreurs sortent donc de la gare les boites sur la tête ou sur l’épaule puis tout cela est redistribué aux livreurs locaux qui chargent l’ensemble sur les vélos ou les charrettes, un système passionnant à regarder. IMGP3156 (Copier) IMGP3183 (Copier) IMGP3173 (Copier) IMGP3174 (Copier) IMGP3242 (Copier)IMGP3189 (Copier)IMGP3198 (Copier)IMGP3221 (Copier)IMGP3223 (Copier)Tout ce système est mis en place car les indiens peuvent manger uniquement la nourriture préparée par les personnes de leur caste. Le système des castes lui aussi est compliqué, c’est pour faire simple des groupes qui définissent une position hiérarchique dans la société, qui de base est donc inégalitaire. Par exemples la caste des brahmanes (prêtres et lettrés), des vaishyas (commerçants) et tout en bas il y a les intouchables, ceux qui n’appartiennent à aucune caste, les parias. La différence entre les castes n’est pas forcément une aisance matérielle mais la notion de pureté, par exemple une caste supérieure ne manipulera pas des déchets ou animaux morts car considérés comme impur. Et donc pour la nourriture les rituels de préparation varient d’une caste à l’autre (cuisson dans un pot en terre ou en métal…).

Mumbai c’est aussi une grande ville pleine de beaux monuments à l’architecture anglo-saxonne, même les bus rouges sont là ! Nous nous promenons à travers les grandes avenues jusqu’à la porte des Indes (leur arc de triomphe) et le Taj Mahal hôtel (le plus luxueux de la ville), devant nous la mer s’étend et la couleur de l’eau se confond avec l’épais nuage de pollution.Panorama sans titre1 (Copier) Panorama sans titre2 (Copier) IMGP3263 (Copier) IMGP3304 (Copier)IMGP3475 (Copier)Le lendemain on prend de la hauteur dans las quartiers huppés de la ville sur la colline de Malabar Hill, les charrettes ont laissées place aux Audi, les entrées d’immeubles sont gardées et les rues sont agréablement calmes, vertes et ponctuées de quelques points de vues très chouettes. Nous visitons la maison de Gandhi, l’occasion d’en apprendre plus sur le pacifiste philosophe-avocat-politicien qui à milité entre autre toute sa vie pour que la caste de intouchables disparaisse.IMGP3333 (Copier) Panorama sans titre4 (Copier) IMGP3374 (Copier) IMGP3315 (Copier) IMGP3323 (Copier) IMGP3324 (Copier)Nous découvrons ensuite un endroit surprenant, une sorte de village dans la ville construit autour d’un grand réservoir d’eau. On s’assoit et on observe la vie se dérouler. Les femmes font la lessive, les enfants jouent dans l’eau, un groupe d’ados discute dans un coin, les animaux font la sieste, c’est relativement calme malgré ces petites scènes de vie. Les maisons qui entourent de rectangle d’eau sont très sommaires, on retrouve les maisons cartons par terre, d’autres personnes dorment à même le sol. Encore une fois on nous salue gentiment, on nous sourie. C’est un drôle d’endroit coincé entre des immeubles de standing mais qui dégage une atmosphère très agréable, une belle trouvaille. IMGP3334 (Copier) IMGP3335 (Copier) Panorama sans titre3 (Copier) IMGP3348 (Copier) IMGP3352 (Copier) IMGP3353 (Copier) IMGP3356 (Copier) IMGP3358 (Copier) IMGP3359 (Copier) IMGP3363 (Copier) IMGP3364 (Copier)Le soir on s’offre le luxe d’une promenade au bord de la plage, les familles et les amoureux sont nombreux et la luminosité est très belle, on flâne tranquillement en longeant la mer le plus longtemps possible. IMGP3386 (Copier) Panorama sans titre6 (Copier) Panorama sans titre5 (Copier) Panorama sans titre7 (Copier) IMGP3403 (Copier) IMGP3395 (Copier) IMGP3408 (Copier) IMGP3424 (Copier) IMGP3425 (Copier) IMGP3426 (Copier)Nous plongeons ensuite au cœur des quartiers pour rentrer jusqu’à l’hôtel et là l’animation est à son comble, le bruit à son apogée et la foule en délire. Nous avons d’ailleurs eu beaucoup de mal à trouver deux photos sans têtes au premier plan, c’est incroyable une telle concentration de monde, on se croirait dans un concert, mais non c’est juste une rue un samedi soir à Mumbai.IMGP3429 (Copier) IMGP3431 (Copier) IMGP3435 (Copier)Niveau nourriture on se régale de différents thalis, de petits pains de toutes sortes, de croque-monsieur des rues méga beaucoup épicé, de poulet tandoori fondant et de thé chai que l’on trouve à tous les coins de rue. IMGP3308 (Copier) IMGP3473 (Copier) IMGP3443 (Copier) IMGP3297 (Copier)Voilà enfin un moment pour tous, pour 6 roupies (soit moins de 10 centimes) chacun vient boire un verre de chai, soit sur le pouce soit en grignotant un sablé et en discutant avec son voisin. Un véritable lieu de socialisation que l’on apprécie particulièrement.IMGP3300 (Copier) IMGP3295 (Copier) IMGP3478 (Copier)Le dimanche la ville est au ralentie, c’est-à-dire que le trafic est un peu près normal et que la traversée des voie nous semble trop facile. On tombe par hasard sur les portes ouvertes de l’école des Beaux Arts, des étudiants et profs dessinent et sculptent et un atelier de poterie est mis en place pour tous. Marion est invitée à participer et décorera donc une assiette sous l’œil des caméras. Un moment improbable mais encore une fois très sympa. IMGP3449 (Copier) IMGP3445 (Copier) IMGP3453 (Copier) IMGP3456 (Copier) IMGP3458 (Copier)Le soir en bon citadins nous allons au cinéma voir un film bollywood en hindi, bien entendu nous n’avons pas tout compris mais c’était très sympa, la musique et les danses sont vraiment entrainantes on ressort de là avec un grand sourire.IMGP3466 (Copier)IMG_20151129_153238Le lendemain nous passons par la poste envoyer un colis car nous avons fait du shopping (des jeans levis entre 20 et 30 euros on ne pouvait pas résister…) et surtout cela nous permet d’alléger les sacs un max. Avant la poste il faut passer chez monsieur l’emballeur qui nous trouve un beau carton et ensuite nous coud un drap de coton blanc tout autour pour le fermer, c’est assez drôle mais bien pratique. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour qu’il arrive !IMGP3470 (Copier) IMGP3472 (Copier)Voilà pour le visage de Mumbai que l’on à découvert, il est multiple, pas toujours facile, il y a des moments très agréables, d’autres plus durs, il y a des moments de ras le bol et d’autres où l’on se dit que l’on adore ce pays. C’est une nouvelle et belle expérience que l’on est contents d’avoir vécu, elle nous à marqué, changé surement un peu, nous avons été pendant quatre jours deux petites fourmis dans la grande fourmilière de 15 millions d’habitants. Maintenant place à la découverte du Radjastan avant l’arrivée imminente de Marion.

 

6 thoughts on “Un chai à Mumbai

  1. Beaucoup de texte dans cet article pour notre plus grand bonheur. On y apprend plein de choses et c’est tres facile a lire avec cette ecriture a la fois precise et huilée.
    Malgre tous ces details j ai du mal a m’imaginer le niveau sonore et l encombrement cérébral que cela doit engendrer. Vous avez su trouver quelques endroits plus paisibles..Heureusement.
    Super de voir Marion au milieu des etudiants décorant une assiette. On est loin des exigences de Lyon dans cette activité.
    On constate que le colis que tient Romain est une oeuvre d ‘art aussi
    J’imagine la Poste proposant ce genre de paquet chez nous . !!!!.
    En tous cas préservez vous de cette pollution le mieux possible continuez à nous faire rêver, réfléchir et découvrir jusqu’au bout. C est tellement bien, avec vos sourires en plus.
    A tout bientôt pour la suite de ces douze mois trépidants.
    Un tas de bisous bien frais . Bonne continuation.
    Bi2zzzzzz

    1. Oui je pense que c’est assez dur a imaginer d’autant plus qu’il ny a jamais autant de bruit chez nous! Une symphonie de klaxons mais mal accordée :-) pleins de bisous

  2. Espérons que le colis arrive pour le coup ce serait génial vu que le colis pour Marion via Toulouse n’est jamais arrivé et on a pas été encore dédommagé ça fait 2 mois quand mème.Vous décrivez très bien le brouhaha de Mumbai ,vos oreilles ont du s’acclimaté difficilement ,et aussi cette foule ,il faut pas se perdre là bas .Et cette pollution c’est terrible .Cette différence de classe sociale me heurte encore une fois,qui ne le serait pas.Mais vous avez encore trouvé des coins insolites ,comme Marion à sa poterie ,un cinéma avec des pops cornes ,des thalis pas chers et bons,une jolie plage et des gens symphas donc c’est très enrichissants tout ça .Les photos et les commentaires sont toujours aussi bien soignés,on prend toujours autant de plaisir à vous lire ,et on s’instruit assis sur une chaise ,et on lit et relit sans jamais se lasser .On fait avec vous et au travers de vous un très beau voyage .Voila oui Marion arrive très vite cela lui presse .bisous à vous deux .Des jeans levis acheté en Inde pas chers c’est le monde à l’envers lol.

    1. On croise les doigts pour le colis, normalement il met environ 15 à 20 jours… Oui Mumbai une étape dont on se souviendra, surtout le bruit je pense c’était dingue. Bisous à tous petits et grands!

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